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Quel avenir pour l'industrie de la musique ?

La musique gratuite a-t-elle une valeur économique?

Avec le développement du téléchargement, les maisons de disque ont vu leur chiffre de vente de CDs s'écrouler, la première réaction a été de mettre au point des systèmes anti piratage,et de chercher à légiférer  ( taxes sur les ordinateurs, sur les CDs à graver, sanctions contre les pirates) et puis récemment, Itune, le plus grand vendeur de musique en ligne, supprime sa protection anti copie, et décide de revenir sur le prix unique d'un morceau téléchargé, le chiffre d'affaire dégagé par la musique téléchargé ne cesse d'augmenter, 1 album sur 13, au royaume uni a été téléchargé en 2008, le téléchargement des singles a, lui progressé de 33% et le chiffre d'affaire généré par les concerts ( voir interview du manager de Radiohead)  est en forte augmentation.

Libération publie un article sur le sujet le 17 janvier, en voici un extrait, ainsi qu'une interview de Brian Message, co-manager de Radiohead:

A force de tâtonnements, l’industrie de la musique est-elle en train de s’inventer un modèle économique ? La question est d’actualité pour l’ouverture du Midem. Mais elle mérite aussi d’être posée au vu des initiatives qui fleurissent ici et là et qui viennent soudain ouvrir des perspectives à un secteur sens dessus dessous.
Résumons-nous. Jusqu’à peu, les camps et les rôles étaient bien définis. D’un côté, les pirates du téléchargement qui mettraient en danger toute une économie, de l’autre une industrie qui se recroquevillerait sur ses certitudes ébranlées pour demander des sanctions. Au milieu, des artistes souvent pris en otages. Heureusement, il est des précurseurs comme Radiohead. En inventant de nouvelles pratiques, depuis plus d’un an déjà, le groupe anglais démontre que dans la musique comme ailleurs, il n’y a pas de fatalité. Des internautes, Thom Yorke et consorts n’ont pas fait des ennemis rédhibitoires, plutôt des alliés dans l’apprentissage d’un nouvel usage. Depuis, d’autres ont suivi en s’inspirant de ce que l’on pourrait appeler un modèle «mixte». En gros, ne pas jouer l’Internet contre le CD, mais plutôt utiliser les deux, pour promouvoir aussi des produits dérivés et redonner de l’élan aux concerts, qui ne se sont jamais aussi bien portés. Qui de mieux placés pour se réinventer que les artistes, surtout quand cela leur permet de se défaire un peu de l’emprise étouffante des majors ?
En France, il serait heureux de suivre cette veine créatrice, plutôt que de se contenter de la loi «Création et Internet» et de son versant répressif.

A la tête de l’association des managers musicaux britanniques, Brian Message est co-manager du groupe anglais Radiohead (mais aussi Supergrass, Kate Nash, etc.) Il explique comment la révolution de l’Internet dans la musique a amené Radiohead à repenser son modèle économique et précise son projet de grande «coalition des artistes» qu’il vient présenter au Midem de Cannes.

Qu’est-ce qui a le plus changé dans la manière dont Radiohead gère sa carrière depuis son départ d’EMI en 2004 ?

Tout a changé ! Radiohead est devenu un groupe libre qui a le contrôle sur tout ce qu’il fait, de la conception d’un album à un concours de remix sur le Web, en passant par le réseau social en ligne. Auparavant, il fallait l’accord de beaucoup de monde pour prendre une décision, tout était morcelé, compliqué. Dorénavant, si on décide de sortir un titre sur le site, on peut le faire quasi-instantanément. On revient à une forme plus artisanale, plus directe. L’industrie musicale avec un grand I, c’est fini !

En quoi cela marche-t-il mieux ?

Quand on doit prendre soi-même les décisions qui engagent votre carrière, on fait plus attention à ses actes. Une des conséquences de l’avènement d’Internet a été de responsabiliser les artistes, de les faire mûrir. Ils s’adressent directement à leurs fans, ils ont potentiellement plus de pouvoir. C’est parfois plus difficile, mais tellement plus excitant.

Quel bilan faites-vous aujourd’hui du lancement en ligne de l’album «In Rainbows» de Radiohead, où l’internaute était libre de fixer librement son prix d’achat ?

Très positif à tous points de vue. D’abord, cela n’a rien coûté ou presque, les coûts de distribution digitaux étant quasi-nuls. C’est la raison pour laquelle, même si la majorité des gens ont peu ou rien payé pour acquérir l’album, il n’est pas nécessaire de s’appeler Einstein pour comprendre que lorsque tous les intermédiaires ont disparu, vous êtes en mesure de gagner bien plus d’argent. Mais cette expérience pas plus pensée que cela au départ a surtout permis d’établir une relation directe et très privilégiée avec notre public, avec des effets de bouche-à-oreille fabuleux, largement bénéfiques, pour le coup, à l’économie du groupe. Je suis certain que lorsque Radiohead a joué la dernière fois à San Francisco devant 60 000 personnes, alors qu’ils n’étaient «que» 25 000 la fois précédente, la majorité de ce nouveau public avait téléchargé l’album sur le Net.

Que voulez-vous prouver par là ?

Et bien que la musique diffusée ou téléchargée gratuitement en ligne a une vraie valeur économique, qu’il serait absolument faux de dire que sa valeur est égale à zéro ! A partir de cette gratuité, il devient possible de fidéliser le public, de vendre des places de concerts, des collectors, etc. Les maisons de disques qui restent focalisées sur la seule activité de vente de musique enregistrée risquent de compromettre la carrière de leurs artistes. C’est peut-être paradoxal, mais la gratuité fait désormais partie du business de la musique.

Vous allez dire cela au Midem ?

Oui, car l’industrie du disque, profondément attachée à son modèle du copyright, ne l’a pas encore assez compris. Je viens aussi dire aux artistes qu’en adhérant à notre coalition (1), leurs intérêts seront mieux défendus. L’Internet a tout redéfini dans la musique et il est urgent que les artistes fassent entendre leur voix dans diverses négociations, notamment avec ceux qui font la loi.

En définitive, les maisons de disques auront-elles encore une utilité à l’avenir ?

Je le crois, oui, parce que leur métier fondamental est d’investir de l’argent pour développer de nouveaux talents. Mais il est certain qu’elles devront encore beaucoup évoluer à une époque où les métiers de la musique sont de moins codifiés, les règles de moins en moins établies. Elles doivent comprendre qu’avec les technologies à leur disposition, les artistes ont aujourd’hui les moyens de s’émanciper et qu’il n’y aura pas de retour en arrière, de création de nouvelles chasses gardées.


Publié par Pianotech, le 19 Jan 2009

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Les commentaires des utilisateurs :
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Weby
#1 - Le 25 Jan 2009 à 15:05
Première mentalité dont j'entends parler et la théorie de Radiohead me semble la meilleure pour que les artistes arrêtent de souffrir du piratage.
De toute façon, on aura beau prendre tout pleins de mesure contre le piratage, vu le niveau atteint, je doute fortement que l'on puisse stopper celui-ci via les méthodes utilisées jusqu'à maintenant (coupure de la ligne, détection d'utilisation de logiciels peer2peer...).
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